Marché du blé

Les faits marquants de l’année 2019


TNC le 27/12/2019 à 09:09
Beaucoup d'éléments ont impacté les cours du blé tout au long de l'année 2019. (©Pixabay / Création : TNC) 

Beaucoup d'éléments ont impacté les cours du blé tout au long de l'année 2019. (©Pixabay / Création : TNC) 

Alors que l'année 2019 arrive à son terme et que 2020 pointe le bout de son nez, nous vous avons concocté un petit récapitulatif des faits marquants qui ont impacté les cours du blé cette année. Mais avant tout, l'ensemble de la rédaction vous souhaite de très belles fêtes de fin d'année !

Les cours du blé avaient débuté l’année 2019 sur une belle dynamique haussière, soutenus à l’époque par des prix russes en augmentation et des prix argentins à l’export assez élevés. Le pays était d’ailleurs au centre des discussions, compte tenu des pluies excessives qui faisaient planer le doute sur la qualité et les rendements pour les parcelles encore non moissonnées. Par ailleurs, une vague de froid secouait les blés d’hiver non protégés par une couche de neige aux États-Unis.

Pour retrouver les cours du blé tendre toute l’année, connectez-vous sur Les cotations Agri Mutuel.

Lire : Le blé aidé par le froid américain et le renchérissement des épis russes

L’origine française profitait alors d’un regain de compétitivité et les chargements français étaient assez soutenus. Le think tank AgriDées expliquait que la filière céréalière française devait « construire une stratégie » d’exportation nationale cohérente pour conserver son « statut d’exportateur avéré ».

Le début de l’année 2019 avait également été marqué par le plus long shutdown de l’histoire des États-Unis, à l’origine d’un calme anormal, selon Agritel. Une paralysie de l’administration américaine avait eu lieu suite au différend entre le président américain Donald Trump et les démocrates à propos du mur situé au niveau de la frontière avec le Mexique. Débuté le 22 décembre 2018, le shotdown n’a pris fin que plus d’un mois plus tard, le 25 janvier 2019.

Une tendance baissière pour 2019

Début février, 250 experts internationaux du marché des céréales s’étaient réunis à l’occasion du Paris Grain Day. D’après eux, la tendance des prix était alors baissière pour 2019. Ils n’ont pas eu tort ! Ils estimaient que le prix du blé sur Euronext devrait se maintenir dans un tunnel de prix compris entre 180 et 200 €/t jusqu’à l’automne 2019.

Lire : Prix du blé : un statu-quo entre 180 €/t et 200 €/t

En mars, les cours avaient connu une petite remontée à la suite des inondations qui avaient eu lieu aux États-Unis.

La campagne française de blé 2019/20 s’annonçait bien plus dynamique que la précédente, et les exportations se portaient bien.

En mer Noire, les perspectives apparaissaient particulièrement bonnes en avril, et Agritel soulignait la montée en puissance du blé russe.

En mai, la perspective d’excellentes récoltes de blé chez les principaux producteurs avait plombé les cours. Que ce soit aux États-Unis ou en mer Noire, la récolte s’annonçait particulièrement bonne et une production record de blé était attendue.

Mais c’était sans compter la canicule du mois de juin qui a touché la mer Noire et qui a semé le doute sur la récolte à venir, en laissant présager finalement une récolte russe moins pléthorique que prévu. Reuters annonçait alors que sur les 80 Mt initialement prévues, la récolte pourrait n’être que de 71 Mt.

La vague de chaleur avait également touché la France, et les experts s’interrogeaient sur l’impact qu’elle aurait sur la production céréalière française.

Lire : comment s’annonce cette moisson 2019 ?

Des rendements particulièrement bons pour la moisson française

Arriva ensuite la moisson en France. Elle a dépassé les attentes dès les premières estimations. Malgré une qualité un peu moins bonne qu’espéré, les rendements s’affichaient particulièrement bons. En Ukraine aussi la moisson était très satisfaisante, et semblait même battre des records.

En Russie, des pluies s’abattaient alors sur les blés d’hiver non encore récoltés et des incendies s’étaient déclarés sur les zones de production de variétés de printemps, ce qui continuait de faire planer des inquiétudes sur le blé russe.

Finalement, à part un bref passage sous la barre des 180 €/t début mai, les cours avaient tenu bon dans le tunnel 180-200 €/t jusqu’en août, avant de plonger face à l’abondance de blé sur le marché mondial. Malgré tout, Agritel voyait de possibles « belles opportunités » pour le blé français grâce à un marché « plutôt équilibré ».

Début septembre, c’était un véritable flot de blé en provenance de la mer Noire qui déferlait sur les marchés agricoles.

Après avoir atteint le point le plus bas de toute l’année début septembre, le prix du blé a alors entamé une remontée, notamment face aux craintes concernant la récolte australienne, impactée par une sécheresse importante. Des rumeurs sur un hypothétique accord sino-américain avaient aussi contribué à faire rebondir les cours.

Quel impact d’une crise financière sur les marchés agricoles ?

En octobre, il était évoqué une possible crise financière en 2020 avec de forts impact sur les marchés agricoles.

Mais le blé français démontre sa compétitivité et les prévisions françaises à l’exportation sont revus à la hausse.

Lire : Les éléments à suivre dans les prochains mois

Dès novembre, ce sont les difficultés de semis et la météo qui font l’actualité du marché.

Lire : Labourer ou non ? La météo remet cette question au premier plan

Ces difficultés de semis en Europe ont alimenté la tendance haussière de cette fin d’année 2019 mais de nombreuses incertitudes demeurent. La compétition entre les origines européennes et les origines mer Noire à l’export reste notamment toujours d’actualité. Avec un potentiel en Russie et en Ukraine qui reste important et continuera de peser sur les cours. Ainsi, selon un spécialiste de l’agriculture en Russie et en Ukraine, la production de ces pays pourrait doubler d’ici cinq ans !