Sanctions douanières américaines

Le vignoble bordelais « furibard » après cette nouvelle « balle perdue »


AFP le 19/10/2019 à 16:14

L'interprofession des vins de Bordeaux s'est dite « furibarde » vendredi des sanctions douanières américaines, qu'elle considère comme une « balle perdue » frappant la filière, s'ajoutant à des incertitudes liées aux marchés chinois et de Hong Kong, au Brexit...

« Encore une fois, nous sommes victimes d’une « balle perdue » , et otages de ce conflit purement industriel, aéronautique », a déclaré à l’AFP Bernard Farges, président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB). « Ce n’est pas un sujet agricole ». « On est furieux parce qu’en cinq ans, c’est la deuxième fois que l’agriculture, la viticulture, est victime d’un arbitrage comme ça. Il y a cinq ans, c’était au sujet des panneaux photovoltaïques entre l’Europe et la Chine », a -t-il rappelé. « C’est un peu trop souvent que nous sommes une variable d’ajustement, dans des discussions qui nous échappent. »

L’interprofession des vins de Bordeaux, selon M. Farges, est « assez furibarde » contre la « très, très, très faible réaction au niveau du gouvernement » français. Le gouvernement, a-t-il estimé, devrait « pousser les négociateurs européens à faire sortir (des négociations) les secteurs qui ne sont pas concernés ».

Les États-Unis représentent environ 300 millions de chiffre d’affaires, 14 % en valeur des exportations de vins de Bordeaux, mais avec une forte croissance ces derniers mois, et 11 % en volume, soit le deuxième marché après la Chine. Le marché américain de la consommation de vin, selon M. Farges « est le plus gros marché au monde maintenant ». « C’est un pays qui se met au vin de manière large, avec une classe moyenne importante, où se créé un usage profond, une connaissance » du vin. « C’est un marché valorisé, un marché où nous progressions bien »

De plus, ces sanctions américaines « interviennent au moment où pour la filière bordelaise le marché chinois est en souffrance » en raison des différends Chine-Etats-Unis « qui créent un ralentissement de l’économie chinoise ». Elle surviennent peu après l’abaissement de taxes chinoises sur les importations du Pacifique, donc de pays viticoles concurrents comme Australie, Nouvelle-Zélande, Chili, a rappelé M. Farges. Sans oublier, ajoute-t-il, « les événements socio-politiques à Hong Kong qui mettent en grande difficulté cette place économique », gros marché pour les Bordeaux. Et « l’incertitude sur le Brexit ».