Agreste

Publication controversée des estimations de la vendange 2019


Agri Mutuel le 07/08/2019 à 10:18
(©Getty Images)

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Le service de statistique du ministère de l'Agriculture (Agreste) a livré le 19 juillet 2019 ses premières estimations de la vendange 2019, qu'il situe entre 42,8 et 46,4 millions d'hectolitres. Elle pourrait être «l'une des plus basses des cinq dernières années, après la récolte 2017, historiquement réduite par le gel», commente le ministère. Mais cette estimation est jugée malhabile par la profession viticole.

Première estimation de la vendange, en recul 6 à 13% par rapport à 2018

En cause : des conditions climatiques défavorables lors de la floraison, particulièrement sur la façade Ouest ; elles ont entraîné de la coulure (chute des fleurs ou des jeunes baies) et «parfois» du millerandage (baies de petite taille). La canicule a par ailleurs affecté certains départements du Midi, comme le Gard, l’Hérault ou le Var, occasionnant des brûlures de grappe et des pertes de production. D’autre part, la grêle a causé des dégâts très importants par endroits, mais avec un effet limité sur le niveau de production national.

Au 1er juillet, la réserve en eau des sols était déficitaire par rapport à la moyenne sur 30 ans, dans la plupart des bassins. Les bassins de l’Ouest (Charentes et Bordelais) échappaient à cette sécheresse des sols. Avec des températures caniculaires fin juin, la pression des maladies était modérée dans la plupart des vignobles, comparée à 2018. L’oïdium était néanmoins présent en Alsace et en Champagne. A la mi-juillet, les vignobles présentaient un léger retard par rapport à 2018, qui avait été l’une des années les plus précoces.

Ces premières estimations ont été établies sans connaissance des événements climatiques et des problèmes sanitaires qui pourraient survenir jusqu’aux vendanges. Agreste précise qu’elles sont donc susceptibles d’être révisées lors des prochaines publications.

Publier une prévision de vendange dès maintenant «n’est pas sérieux» 

Quelques heures après la publication par le ministère de l’Agriculture de cette première prévision de vendange, la profession viticole a réagi en estimant que «ce n’est pas sérieux». La publication un mois après les premières vendanges et trois mois avant les dernières «n’a aucun sens et ne peut que diffuser un signal erroné sur les marchés», a déclaré Jérôme Despey, président du conseil spécialisé viticole de FranceAgriMer.

Cela d’autant plus que d’autres événements climatiques peuvent encore survenir.