Manifestation

Deux-Sèvres : encore 2 000 personnes rassemblées contre la « bassine »


AFP le 30/10/2022 à 13:49

Environ 2 000 personnes, selon les autorités, restaient présentes dimanche à proximité du chantier d'une réserve d'eau destinée à l'irrigation agricole dans les Deux-Sèvres, après une manifestation et de violents heurts avec les forces de l'ordre samedi.

« Ce matin c’est calme mais il reste environ 2 000 personnes sur le site, je rappelle que la manifestation demeure interdite, donc que tout acte visant à tenter à nouveau d’entrer sur le site de la réserve sera à nouveau écarté », a déclaré sur franceinfo la préfète du département, Emmanuelle Dubée.

Samedi, plusieurs milliers de personnes (4 000 selon les autorités, 7.000 selon les organisateurs) s’étaient réunies à Sainte-Soline, à l’est de Niort, pour protester contre la construction d’une « méga-bassine ».

Cette vaste réserve, destinée à l’irrigation, est dénoncée par ses détracteurs comme un « accaparement de l’eau » par l’agro-industrie, doublé d’une aberration écologique à l’heure du réchauffement climatique et des sécheresses à répétition.

Cette manifestation, à laquelle ont participé plusieurs élus écologistes dont l’eurodéputé Yannick Jadot, avait été interdite et a viré à l’affrontement avec les 1 500 gendarmes mobilisés pour empêcher les manifestants de pénétrer sur le chantier. Après de violents heurts, certains y sont parvenus brièvement avant d’être repoussés.

Une soixantaine de gendarmes selon le ministère de l’Intérieur, et une cinquantaine de manifestants selon le collectif « Bassines non merci », ont été blessés dans ces violences attribuées par la préfecture à des militants radicaux.

Le dispositif de gendarmerie a été maintenu dimanche, tandis qu’une nouvelle action de « désobéissance civile » a été annoncée pour l’après-midi par le collectif anti-bassines, qui évoque 3 000 à 4 000 personnes encore présentes.

Le mouvement des opposants devrait s’inscrire dans la durée, le terrain privé qu’ils occupent, prêté par un agriculteur, étant disponible jusque mi-mai. La construction d’une « tour de guet » a déjà commencé sur le site.

« Cela va être notre base pour les prochaines actions contre le chantier s’il venait à redémarrer. ZAD ou pas ZAD, ça va être dans ces termes-là », a déclaré à l’AFP Julien Le Guet, porte-parole du collectif qui réclame un moratoire au gouvernement.

Sainte-Soline est la deuxième d’un projet de 16 réserves de substitution élaboré il y a quatre ans par un groupement de 400 agriculteurs pour réduire leurs prélèvements d’eau durant l’été, grâce au pompage des nappes phréatiques superficielles en hiver.

L’accès à ce stockage est conditionné à l’adoption de pratiques plus respectueuses de l’environnement mais aucun des bénéficiaires de la première retenue ne s’est engagé, pour l’heure, à réduire son usage des pesticides.