Maïs fourrage

Détruire le couvert à temps pour ne pas pénaliser la culture


TNC le 25/02/2019 à 05:41
Arvalis-Institut du végétal rappelle qu'au-delà du 15 mars, un couvert encore en place risque de pénaliser le maïs qui suit. (©TNC)

Arvalis-Institut du végétal rappelle qu'au-delà du 15 mars, un couvert encore en place risque de pénaliser le maïs qui suit. (©TNC)

Arvalis-Institut du végétal rappelle : « La date de destruction des cultures intermédiaires résulte d’un compromis : le couvert doit avoir eu le temps de jouer son rôle de piège à nitrates et de protection du sol vis-à-vis de l’érosion, sans dégrader le potentiel de la culture qui suit. » Ainsi, les résultats d'essais montrent qu'au delà du 15 mars, un couvert encore en place risque de pénaliser le maïs qui suit.

Après avoir réalisé plusieurs essais, Arvalis-Institut du végétal préconise de détruire les couverts avant le 15 mars pour ne pas pénaliser le maïs qui suit. En effet, au delà de cette date, les ressources en eau et en azote risquent de s’épuiser.

Détruire la culture intermédiaire

L’interculture hivernale permet de réduire le lessivage de l’azote et de prévenir l’érosion. Son impact sur la fertilisation azotée du maïs suivant dépend de l’espèce cultivée et de la biomasse atteinte. Un couvert enfoui de légumineuses pures peut par exemple restituer à la culture 30 kg d’azote/ha. En pratique, pour le calcul de la dose d’azote à apporter sur maïs, dans la méthode du bilan, cet effet fertilisation est pris en compte par deux postes : le reliquat avant implantation (Ri) et la minéralisation des résidus du couvert enfoui (MrCI).

Arvalis rappelle qu’un couvert développé est plus facile à détruire, quelle que soit la méthode. Sa destruction permet d’enrichir le sol en matière organique après avoir concurrencé les adventices et les repousses. Si certaines espèces sont touchées par le gel, d’autres sont encore en place en sortie d’hiver et il faudra alors intervenir. Là-dessus, les experts d’Arvalis préconisent de broyer : « En sortie d’hiver, lorsque le sol n’est pas encore très bien ressuyé et en l’absence de forte gelée, le broyage est l’opération la moins difficile à mettre en œuvre, mais attention aux risques de compaction d’une partie de la surface du sol. Le broyage est adapté à presque toutes les situations sauf si le sol est trop humide et peu portant. » Un travail superficiel du sol peut aussi convenir tout en faisant attention à l’humidité. La destruction du couvert peut être suivie d’un labour.

Et pour les dérobés ?

Pour les couverts exploités en dérobés (ensilage ou enrubannage), une date de récolte précoce est conseillée pour plusieurs raisons :

– la valeur alimentaire de l’herbe diminue nettement au-delà du stade début épiaison,

– limiter l’assèchement du profil qui serait préjudiciable au maïs suivant,

– ces couverts exploités en fourrage exportent des quantités non négligeables d’éléments minéraux.

Sur ce dernier point d’ailleurs, la fertilisation doit être adaptée pour éviter les carences. Aussi, les chantiers de récolte doivent être réalisés dans de bonnes conditions pour préserver la structure du sol et la capacité d’enracinement du maïs.

Semis direct de maïs dans un couvert : attention à la compétition

Implanter du maïs en semis direct dans un couvert de légumineuses déjà installé et maintenu vivant peut être compliqué. En effet, les essais d’Arvalis montrent que le maïs n’est pas la culture qui se prête le mieux à ce type de conduite. L’institut explique : « Les légumineuses démarrent leur cycle végétatif plus tôt que le maïs au printemps et exercent donc une compétition précoce, dommageable pour la culture principale. La levée du maïs est également plus délicate en semis direct dans le couvert ou si un travail du sol a créé des mottes dans le lit de semences. »