Betteraves sucrières

Des semis sous de bonnes conditions mais de grosses inquiétudes vis-à-vis du gel


TNC le 06/04/2021 à 11:45
« On a relevé jusque - 8 ° C par endroits », note Ghislain Malatesta de l'ITB. (©Paul Coulmier/Twitter)

« On a relevé jusque - 8 ° C par endroits », note Ghislain Malatesta de l'ITB. (©Paul Coulmier/Twitter)

À gauche, une betterave non gelée et à droite, une betterave gelée. (©ITB Centre-Val-de-Loire/Île-de-France)

À gauche, une betterave non gelée et à droite, une betterave gelée. (©ITB Centre-Val-de-Loire/Île-de-France)

Si les semis de betteraves sucrières sont quasiment terminés et se sont déroulés dans de très bonnes conditions, l'inquiétude a pris place aujourd'hui pour les parcelles levées, avec des températures relevées jusque - 8°C par endroits.

Au 6 avril 2021, on peut dire que « 98 % des semis de betteraves sucrières sont réalisés » dans l’Hexagone, note Ghislain Malatesta, responsable du département « expérimentation et expertises régionales » à l’Institut technique de la betterave (ITB). Pour l’expert, la baisse des surfaces est finalement moins importante qu’annoncée, « elle serait d’environ – 5 à – 7 % par rapport à l’an passé », pour atteindre 390 000 à 400 000 ha. Les semences traitées aux néonicotinoïdes concernent approximativement « 90 % des parcelles ». 

Des pertes de pieds potentielles avec le gel…

« Les conditions de préparation ont été excellentes pour ces semis 2021, l’hiver a bien structuré les terres », précise également l’expert. Les semis, qui avaient démarré début mars, ont repris à partir du 22 mars, après quelques jours de pluie et les conditions optimales de la semaine dernière ont permis de bien avancer. 

« Tout était bien parti », mais aujourd’hui plane une grosse inquiétude suite à « la coulée d’air arctique particulièrement marquée pour la saison », indique Meteo60. « On a relevé jusque – 8°C par endroits », ajoute Ghislain Malatesta. Parmi les secteurs qui semblent les plus touchés à ce jour : «  le Centre-Val-de-Loire et l’Eure » notamment.

Dès lors que l’on atteint les – 6/- 7°C, on peut craindre des pertes de pieds pour les parcelles levées, aujourd’hui au stade crosse-cotylédons… Il est pour le moment difficile d’estimer les pertes potentielles, cela pourrait aller de – 20 à – 30 %, voire – 100 % dans certains cas extrêmes ». L’ITB Centre-Val-de-Loire recommande alors d’aller observer les parcelles dès que possible : si la betterave est gelée, « la tigelle sous le collet est translucide ».

À gauche, une betterave non gelée et à droite, une betterave gelée. (©ITB Centre-Val-de-Loire/Île-de-France)