Vins de Bordeaux

Des pesticides, oui, mais des bio !


AFP le 10/03/2020 à 16:55

Les vignerons de Bordeaux ont acheté 15 % de plus de produits phytosanitaires en 2018 qu'en 2017, mais cette augmentation cache une forte chute des produits les plus toxiques pour la santé, et une hausse de ceux qui sont agréés en culture biologique, a affirmé la profession mardi à Paris.

Le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) a souligné « la progression constante de l’utilisation des produits autorisés en agriculture biologique, dont le soufre et le cuivre » par l’ensemble des viticulteurs pour lutter contre les maladies de la vigne, notamment les moisissures. La part de ces produits arrivait ainsi à près de 50 % des fongicides employés en Gironde en 2018, alors qu’elle était de 25 % en 2008.

« Chaque fois qu’un viticulteur remplace un produit chimique par un produit bio ou de biocontrôle, les quantités de produits utilisés augmentent, car leurs doses d’utilisation sont tout simplement plus élevées », a expliqué Bernard Farges, président du CIVB lors d’une conférence de presse à Paris.

Selon lui, il faut interpréter l’augmentation des volumes de produits phytosanitaires annoncée pour 2018 par le ministère de l’agriculture « comme un élément positif » en vue de remplir l’objectif de sortie des pesticides de synthèse que s’est fixé le gouvernement. « Par exemple, pour lutter contre l’oïdium, au lieu d’utiliser 0,2 litre à l’hectare d’un produit chimique de synthèse, on utilise désormais 5 kilos de soufre à l’hectare », ajoute Bernard Farges.

Dans le même temps, les produits cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR), les plus dangereux pour la santé dont beaucoup sont purement et simplement interdits, ont vu leur utilisation chuter en Gironde : en 2018, ils représentaient un peu plus de 5 % du total des fongicides employés, contre plus de 30 % en 2008. « En 2019, ce sera encore réduit de moitié », a prédit Bernard Farges, rappelant l’objectif de parvenir à zéro CMR d’ici 2023.

« Ces chiffres sont le reflet d’une évolution profonde et réelle de nos pratiques. La part des produits agréés en agriculture biologique a doublé en 10 ans (…) il n’y aura pas de retour en arrière », a dit Bernard Farges. Pour convaincre de cette évolution « irréversible », il précise que les surfaces en viticulture biologique ont doublé en cinq ans en Gironde, représentant quelque 10 % des surfaces totales.