[Loire-Atlantique] Métam-sodium

Des maraîchers demandent une hausse du prix de la mâche


AFP le 13/03/2019 à 16:49

La fédération des maraîchers nantais a demandé mercredi une revalorisation du prix de la mâche, dont 85 % de la production nationale est issue du bassin ligérien, quatre mois après l'interdiction du métam-sodium, un pesticide à l'origine d'intoxications.

« Notre souhait c’est que la mâche soit revalorisée sinon, dans quelques temps, on n’aura plus la possibilité d’en produire : c’est une nécessité », a alerté Philippe Retière, le président de la fédération des maraîchers, un syndicat qui représente quelque 200 PME maraîchères de Loire-Atlantique. Philippe Retière n’a pas précisé si l’effort devait être porté par la grande distribution ou le consommateur.

En novembre 2018 l’Agence nationale de sécurité sanitaire avait définitivement interdit l’utilisation des produits phytosanitaires à base de métam-sodium, une substance chimique prisée des maraîchers mais à l’origine de l’intoxication de 81 personnes dans le Maine-et-Loire et dans le Finistère. La filière, qui compte 4 000 emplois, se retrouve déboussolée face à cette « décision couperet qui oblige d’être dans une hyper réactivité », a estimé Philippe Retière. « La production est obligée de se réorganiser… Nous sommes très inquiets des conséquences, des conditions de production qui se sont détériorées », a-t-il ajouté.

Le métam-sodium se répand sur sol nu, avant plantation : où il passe, la biodiversité trépasse. Mais il protège la plante des maladies et évite la prolifération des herbes, avancent les maraîchers conventionnels. « Maintenant sur un chantier de récolte, ce sont huit personnes qui arrachent l’herbe devant la récolteuse, avant on était plutôt à une ou deux personnes, ça suffisait », a expliqué Bertrand Redureau, maraîcher, à propos d’une de ses parcelles de mâche à La-Chapelle-Basse-Mer.

Pour cet exploitant qui travaille 130 hectares avec ses associés, les alternatives au métam-sodium ne sont pas adaptées à son modèle économique : absence d’outil mécanique dédié au désherbage, recours à la vapeur « coûteux et contraignant »… Seule l’installation de serres plastiques, un dispositif encore peu développé, lui semble crédible. Avec 35 000 tonnes de mâche par an, le bassin nantais représente 85 % de la production nationale et plus de la moitié de la production européenne.