Oléagineux

Des importations de colza en hausse pour pallier la chute de la production 2018


TNC le 31/10/2018 à 10:00

En 2018, la production française de colza est en recul de 9 % par rapport à 2017. La hausse des importations permettra néanmoins de maintenir les volumes triturés dans l'Hexagone. En Europe, la baisse de la production d'oléagineux ne sera pas compensée par la hausse de la production locale, mais par des importations de graines américaines, que FranceAgriMer prévoit en hausse de 6,8 % pour la campagne 2018-2019.

« Malgré une production de colza en baisse de 9 % à 4,9 Mt en 2018, FranceAgriMer prévoit un quasi-maintien de la trituration de colza à près de 4,3 Mt pour la campagne commerciale 2018/19, a indiqué FranceAgriMer, en conclusion de son dernier conseil spécialisé oléagineux le 23 octobre.

Les opérateurs français vont donc compenser cette production moindre en important davantage que l’an dernier. La collecte de graines de colza est estimée à 4,621 Mt, bien loin des 5,1 Mt collectés l’an passé. Les opérateurs  devraient donc importer beaucoup plus : FranceAgriMer estime que la France devrait importer 1,05 Mt en 2018-2019, contre 872 000 t lors de campagne 2017-2018.

Avec un disponible estimé à 5,9 Mt, la trituration devrait être quasi-stable, à 4,27 Mt contre 4,3 Mt l’an passé, et les exportations prévues à 1,4 Mt, devraient être en très léger repli par rapport à l’an passé. Le stock en fin de campagne pourrait ainsi fondre de moitié, à 118 000 t fin juin 2019 contre 221 000 t fin juin 2018.

La France devrait importer davantage de graines de colza pour maintenir les volumes triturés

Moins de soja français

« En dépit de surfaces en hausse de 8,7 % (153 000 ha en 2018 contre 141 000 ha), la récolte française de soja 2018, estimée à 392 000 tonnes, a baissé de 5 % par rapport à 2017, en raison de rendements plus faibles. La trituration, prévue en hausse à 700 000 tonnes par rapport à la dernière campagne, nécessitera un recours accru aux importations », poursuit FranceAgriMer. Les importations sont prévues autour de 700 000 t en 2018-2019, certes en hausse par rapport à l’an passé (623 000 t), mais nettement inférieures à 2016-2017 (907 000 t) et 2015-2016 (846 000 t).

Malgré une production de pois protéagineux en retrait par rapport à 2017, FranceAgriMer prévoit un doublement des utilisations par les fabricants d’aliments du bétail français à 150 000 t en 2018/19, le maintien des débouchés en alimentation humaine à 130 000 t mais des prévisions d’exportations à 240 000 t, en repli de 50 000 t par rapport à 2017/18. « En effet, les droits à l’importation prohibitifs mis en place par l’Inde début 2018 continuent d’entraver les flux. »

Pour le tournesol, la trituration est prévue en baisse à 1,25 Mt (- 120 000 t par rapport à 2017-2018). Les exportations sont pour l’heure prévues à 370 000 t, en recul de 100 000 t par rapport à la campagne précédente. En revanche, les importations sont prévues au même niveau que la campagne passée.

Union européenne : importations de soja prévues en hausse

En Europe, la production de colza 2018, désormais estimée à 19,7 Mt, serait en recul de 10 % par rapport à 2017, selon Eurostat. La faute aux conditions climatiques défavorables qui ont affecté le nord de l’Union européenne et entraîné un défaut de floraison en fin de cycle.

« La trituration de colza est prévue en baisse à moins de 22,8 Mt en 2018-2019 contre 24,9 Mt en 2017-2018. Les cours du colza sur le marché à terme Euronext se sont redressés autour de de 370 €/t, après avoir fléchi à la fin de l’été. La production européenne de tournesol est désormais estimée à 10,1 Mt en baisse de 2 % par rapport à 2017.  La trituration est prévue en repli de 2 % par rapport à la campagne précédente. Seule la production européenne de soja progresse à 2,8 Mt (+ 7 %). L’Union européenne prévoit toutefois une hausse des importations de soja de 900 000 t (+ 6,8 %) d’ici juin 2019 par rapport à la campagne 2017-2018. Dans les ports européens, 15 Mt de graines de soja devraient être débarquées pour cette campagne.