Normandie

Élus et betteraviers protestent contre la fermeture d’une sucrerie Saint-Louis


AFP le 22/02/2019 à 15:12

Environ 300 personnes, selon la préfecture, essentiellement des producteurs de betteraves mais également une quinzaine d'élus locaux et des ouvriers, ont manifesté vendredi devant la sucrerie Saint-Louis de Cagny, près de Caen, pour protester contre sa fermeture, a constaté un photographe de l'AFP.

« Fermeture de la sucrerie : 500 emplois (directs et indirects ndlr) supprimés », pouvait-on lire sur une banderole devant l’usine appartenant à l’industriel Saint-Louis sucre. Cette filiale du groupe allemand Südzucker a annoncé le 14 février la fermeture de deux de ses quatre sucreries en France en 2020, à Cagny, où 77 emplois seront supprimés selon le groupe, et à Eppeville (Somme), qui compte 122 salariés selon la direction.

Outre des planteurs de betteraves venus avec une quinzaine de tracteurs et des arracheuses de betteraves, des ouvriers de l’usine, les syndicats FO et CFE-CGC étaient également présents à la manifestation ainsi que quelques « gilets jaunes », a constaté le photographe. « Plus de mille agriculteurs utilisent la sucrerie pour la transformation des betteraves. C’est un pan entier de l’agriculture normande qui est menacé par la décision brutale de la direction de Saint-Louis sucre », a ajouté le député LREM Alain Tourret dans un communiqué.

De son côté, le président de région Hervé Morin a affirmé dans un communiqué que « le site de Cagny » était « parmi les plus performants dans le domaine ». « La justification aujourd’hui du groupe Südzucker de la fermeture du site permettant ainsi une hausse des prix est un mensonge », écrit le Centriste. Ce projet de fermeture « est la conséquence de la décision politique de libéraliser le marché du sucre », a estimé la FRSEA (Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles) de Normandie dans un communiqué. « En ouvrant le marché européen, au nom de l’idéologie libérale qui l’anime, la Commission européenne provoque ce type de conséquences, avec la bénédiction des États membres, c’est-à-dire des majorités politiques qui se succèdent », a ajouté la branche régionale du premier syndicat agricole français.

L’arrêt de cette usine serait « catastrophique » : « il condamnerait la production de betteraves dans le Calvados et l’Orne », a estimé de son côté le syndicat betteravier dans un communiqué. La Normandie compte 15 000 hectares de betteraves, selon la FRSEA. Saint-Louis sucre de son côté avait justifié ces fermetures par la « libéralisation du marché européen depuis octobre 2017 avec la suppression des quotas », la « surproduction à l’échelle mondiale, avec une chute des prix sans précédent » et un « contexte de pertes de la branche sucre de Südzucker ».

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