Champagne

« Terroirs & Vignerons de champagne », naissance d’un nouveau géant du vignoble


AFP le 16/12/2021 à 08:36

Grandir pour se développer plus encore à l'international où se loge désormais la croissance : à quelques jours de Noël, un nouveau géant du champagne est né mercredi de la fusion de deux coopératives de vignerons qui cultiveront à eux seuls 9 % de l'illustre vignoble.

La Coopérative régionale des vins de Champagne (CRVC, Champagne Castelnau) va être absorbée par le Centre vinicole-Champagne Nicolas Feuillatte (CV-CNF).

Le nouveau groupe coopératif sera fort de 6 000 vignerons et de 3 000 hectares, soit près de 9 % de la surface agricole du vignoble champenois, le seul autorisé à écrire « champagne » sur ses bouteilles. Il restera certes loin derrière le numéro un du secteur, le groupe de luxe LVMH, qui détient les marques Moët & Chandon, Ruinart, Veuve Clicquot, Krug, Dom Perignon, etc.

Mais il rivalisera avec les autres grands du champagne, dont Lanson, Pernod-Ricard avec les marques Mumm et Perrier-Jouët, Vranken-Pommery Monopole et Laurent-Perrier.

Le champagne Nicolas Feuillatte est déjà la marque leader en France et la troisième dans le monde en volume. En France, elle est vendue en grande distribution sur un positionnement de « luxe accessible » (à partir de 19 euros la bouteille). Mais aussi, avec une gamme « plus sophistiquée », chez les cavistes et hôtel-restaurants.

Préparée depuis 2020, cette fusion est « un événement sans précédent en Champagne depuis 25 ans », assure le nouveau regroupement dans un communiqué. Elle a été votée « très largement » par les assemblées générales extraordinaires des deux entités, réunies consécutivement mercredi. Elle sera effective dès le 31 décembre.

Le nouveau groupe « s’inscrit dans le sens de la concentration des acteurs champenois et de la restructuration du modèle coopératif », souligne le CV-Nicolas Feuillatte.

Le nouveau groupe, baptisé « Terroirs & Vignerons de Champagne », entend « apporter des réponses adaptées répondant aux différents segments du marché, en préservant le capital des marques, en se focalisant sur l’international, et sans céder à la pression des promotions », souligne le communiqué.

La fusion va « optimiser les compétences, les complémentarités et les positions acquises au moment où la Champagne sort du confinement provoqué par la crise sanitaire de la Covid-19 et retrouve de la croissance », avaient souligné les deux organisations en octobre.

Concentration

Avec « un potentiel de production de 24,5 millions de bouteilles », l’ambition du groupe est d’atteindre la barre des 300 millions d’euros de chiffre d’affaires, ainsi que 5 % de part de marché en volume, « par une accélération du développement des maisons à cinq ans et une nouvelle organisation permettant de réaliser des objectifs stratégiques », précise le communiqué.

« Face à la spirale baissière des ventes du vignoble constatée depuis la dernière crise de 2008, la perte de 40 millions de bouteilles sur le marché français, il faut bien avouer que les gisements de croissance se trouvent désormais à l’export », a expliqué Véronique Blin, présidente du CV-CNF lors d’un entretien récent au magazine La Champagne viticole.

Le CV-Champagne Nicolas Feuillatte a réalisé un chiffre d’affaires de 212 millions d’euros en 2019, et regroupe 5 000 vignerons et 72 coopératives. Il a absorbé la CRVC, plus petite avec 55 millions d’euros de ventes, qui réunit 723 vignerons et 23 coopératives.

Depuis 2020, les administrateurs et les directions du CV-CNF et de la CRVC travaillaient ensemble pour rapprocher leurs deux organisations.

Une étape cruciale avait été franchie le 22 octobre avec la validation d’un « traité de fusion » par les deux conseils d’administration réunis séparément.

Mais il leur fallait obtenir une majorité des deux tiers dans chaque assemblée générale pour que la fusion soit validée.

Le groupe aura pour directeur général Christophe Juarez, qui occupe déjà ce poste chez Nicolas Feuillatte.