Plan protéines végétales

Une « feuille de route » établie d’ici fin juin


AFP le 29/05/2019 à 12:22

L'exécutif présentera d'ici fin juin sa « feuille de route » pour un « plan protéines » végétales, a annoncé Arnaud Rousseau, président des producteurs d'huiles et de protéines végétales (Fop), au terme d'une rencontre avec le ministre de l'agriculture.

Les agriculteurs avaient claqué le 22 mai la porte des travaux engagés pour ce plan, appelé de ses vœux par Emmanuel Macron lors du salon de l’agriculture, dénonçant le « silence » du ministre de l’agriculture Didier Guillaume. La mise en place d’un plan protéines ambitieux, à l’échelle du continent européen, faisait partie des pistes prioritaires du chef de l’État lors du dernier salon de l’agriculture. Emmanuel Macron avait souhaité voir la France réduire sa dépendance aux importations de protéines végétales destinées à nourrir les animaux d’élevage, notamment en provenance des États-Unis.

« Le ministre a réaffirmé l’intérêt pour le gouvernement que ce plan protéines se mette en place, avec de premières annonces, en tous les cas une feuille de route qui sera finalisée pour fin juin », a déclaré à l’AFP Arnaud Rousseau, annonçant le retour de son syndicat dans les discussions sur ce sujet. « J’ai réaffirmé qu’on devait être au clair, à la fois sur les ambitions politiques, les conditions de la mise en œuvre, tout ce qui a trait au législatif, au réglementaire, et enfin sur les moyens », a ajouté Arnaud Rousseau, à la sortie d’un entretien qu’il a qualifié de « constructif ». « Je parle des moyens de la Pac (aides européennes à l’agriculture), mais aussi des moyens nationaux dans le cadre du grand plan d’investissements », a précisé Arnaud Rousseau, par ailleurs président du groupe Avril, n°1 français des huiles de table (Lesieur, Puget). « Pour que ce sujet fonctionne, il faut que ce soit d’abord un sujet européen », a-t-il souligné, évoquant une « politique de souveraineté ».

La France importait encore en 2018 presque la moitié des protéines végétales qu’elle donne à manger à ses animaux d’élevage, notamment bovins. Or on y retrouve notamment du soja OGM, en provenance des États-Unis ou du Brésil. « On est aujourd’hui dépendant à 45 % des importations en France et à près de 65 % à 70 % en Europe. En France, on propose de passer d’une dépendance de 45 % à une dépendance de 35 %, le tout dans une échéance de cinq ans », a expliqué Arnaud Rousseau. « Si on n’y met pas une dimension européenne, on aura un énième plan protéines raté, à savoir ce qu’on connaît depuis le début des années 1980. »