Comptes de l’agriculture 2018

Selon l’AGPB, des mauvais résultats qui seront plombés par les charges en 2019


TNC le 21/12/2018 à 19:04

Réagissant à la publication des comptes de l’agriculture 2018, les céréaliers de la FNSEA craignent davantage encore les résultats de l’année prochaine. « La situation n’est pas en passe de s’améliorer, puisque les charges pesant sur la profession risquent d’augmenter drastiquement, à l’instar de la redevance pour pollution diffuse ».

« Au bout du compte, le céréalier moyen arrive à peine à se dégager l’équivalent d’un Smic ! », a réagi Philippe Pinta, président de l’AGPB, à la publication des comptes de l’agriculture 2018. « Ces résultats insatisfaisants rendent l’augmentation de la RPD d’autant plus absurde ! ». Après soustraction des cotisations sociales, le résultat annuel d’un céréalier n’était en effet que de 14 000 € en 2017. Si celui-ci reste faible, ce n’est rien en comparaison de la moyenne de ces 5 dernières années ! Un céréalier spécialisé n’aura en effet dégagé que 5 000 € par an sur la période 2013-2017 ! À titre de comparaison, l’augmentation prévue de la RPD, par rapport à cette moyenne, majorera les charges des céréaliers de 1 500 € par an, c’est donc 30 % du résultat ! C’est inacceptable ! »

« Par ailleurs, il est irresponsable de ne se focaliser que sur l’augmentation du résultat 2017. L’année 2016 était catastrophique pour les céréaliers, qui ont accusé en moyenne un déficit de 10 000 euros par UTA. 2017 n’a pas amélioré la situation avec une production moyenne, et des prix restés bas. »

La hausse de la RPD, symbole de « décisions hors-sol », selon l’AGPB

Avec trois autres associations spécialisées de la FNSEA – l’AGPM, la Fop et la CGB – l’AGPB dénonce aussi le « gouffre entre les paroles et les actes du Gouvernement en matière de transition agroécologique. » Réagissant à la hausse de la redevance pour pollution diffuse votée par les parlementaires, l’AGPB estime que « cette hausse atteint 100 millions d’euros et représente une majoration des charges de l’ordre de 1 500 euros par an pour les producteurs de grandes cultures, ce qui peut représenter jusqu’à 30 % du résultat. »

« L’écologie punitive est maintenant devenue la règle de ce gouvernement et de la majorité en matière d’agriculture. Les débats sur la suppression des remises rabais ristournes, la séparation du conseil et de la vente, l’impact de la suppression de certains produits phytopharmaceutiques, sont autant de sujets et décisions qui vont générer plusieurs centaines de millions de charges au détriment des agriculteurs ! »

« Le gouvernement et la majorité parlementaire sont totalement hors sol », poursuit le syndicat, dénonçant le fait que les décisions critiquées « soient prises sans qu’aucune étude d’impact ne soit réalisée. »