Réglementation des engrais

L’Unifa salue un nouveau réglement européen « juste et équilibré »


TNC le 21/11/2018 à 17:03

Le trilogue européen – le Parlement, le Conseil et la Commission – a trouvé un accord sur la teneur maximale en cadmium admise dans les engrais phosphatés, dernier point en discussion du nouveau règlement européen des matières fertilisantes. La réduction de cette teneur maximale à 60 mg/kg constitue, pour l’Unifa, un « compromis recevable ». Le projet de règlement européen, qui doit encore être approuvé, donne aussi un cadre juridique aux produits de biocontrôle. Il doit entrer en vigueur d'ici 2022.

Les industriels français de la fertilisation réunis au sein de l’Unifa s’inquiétaient du projet de nouveau règlement européen sur les matières fertilisantes. La réduction du seuil maximal de cadmium contenu dans les engrais phosphatés constitue pour eux un enjeu majeur : les roches phosphatées qu’ils utilisent proviennent principalement d’Europe, du Maroc ou d’Algérie. Or, celles-ci contiennent davantage de cadmium que les roches d’origines russes.

Dernier point de discussion dans ce projet de règlement européen, l’abaissement de cette teneur maximale en cadmium a été débattu lors de la réunion entre le Parlement, le Conseil et la Commission européenne le 20 novembre 2018. Le trilogue s’est accordé pour abaisser la teneur maximale de 90 à 60 mg/kg d’engrais phosphaté.

« Le Conseil, le Parlement et la Commission européenne réunis en trilogue ont trouvé un compromis recevable pour la profession sur les points encore en discussion dont la teneur limite en cadmium des engrais phosphatés, en la fixant à 60 mg/kg », explique l’Unifa.

Un étiquetage « bas cadmium » qui favorise les ressources minières russes

« L’Union des Industries de la Fertilisation (Unifa) accueille avec satisfaction la décision du trilogue sur le seuil de cadmium, mais déplore un étiquetage pour les engrais phosphatés en dessous de 20 mg/kg favorisant la ressource minière russe, seul fournisseur à disposer de phosphate bas cadmium. Elle réaffirme sa position d’un seuil minimum de 60 mg Cd/kg P2O5 et s’oppose donc à toute dérogation des États membres qui souhaitent imposer nationalement une limite en deçà de 60 mg Cd/kg P2O5. »

Et Florence Nys, déléguée générale de l’Unifa, de rappeler : « La limite fixée à 60mg/kgP2O5, pour laquelle l’industrie des engrais phosphatés s’est engagée, est techniquement envisageable. Elle représente déjà un effort important pour la profession qui est dépendante  de la nature des roches phosphatées. Nous déplorons la mise en place d’un étiquetage « bas cadmium » qui encourage une ressource de phosphate unique et ne représente pas un levier pour une teneur vertueuse en cadmium. Le travail accompli par ailleurs sur les fertilisants organiques et sur les biostimulants est, pour l’Unifa, une avancée considérable. »

Le nouveau règlement européen sur les matières fertilisantes doit aussi donner un cadre juridique commun aux produits de biocontrôle. Le texte satisfait aussi, dans ce sens, les industriels européens fabricant des biostimulants, réunis au sein de l’Ebic. 

« L’Ebic est ravi de constater que, sur la base des résultats d’aujourd’hui, l’UE continuera à donner l’exemple en matière de réglementation des biostimulants à travers le monde, avec une définition formellement acceptée des biostimulants et des règles pour les placer sur le marché intérieur de l’UE avec une marque CE. Cela favorisera la croissance et l’innovation dans un secteur où les entreprises européennes sont des leaders mondiaux. Il fournira aux agriculteurs de toute l’Europe un plus grand nombre d’outils innovants et durables pour les aider à répondre aux demandes de la société en matière d’agriculture européenne.