À l'Inrae

Les décès de la maladie de Creutzfeldt-Jakob liés à des accidents de laboratoire


AFP le 17/03/2022 à 12:13

L'Inrae a reconnu que ses deux salariées décédées de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, en 2019 et 2021, avaient probablement été contaminées par accident de laboratoire de recherche sur les prions, ouvrant ainsi la voie à une indemnisation des familles.

Le conseil d’administration de l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) a voté « à l’unanimité » une résolution faisant « le lien entre le développement de la maladie de Creuztfeldt-Jakob et les accidents du travail, par piqûre ou coupure avec du matériel contaminé », a annoncé le PDG Philippe Mauguin dans un message en interne consulté jeudi par l’AFP. « Cette résolution va permettre à l’institut une reconnaissance officielle et les mesures d’indemnisation des familles concernées », ajoute-t-il dans ce courriel envoyé la semaine dernière aux quelque 12 000 agents de l’établissement public.

Une assistante ingénieur de 33 ans et une agent retraitée sont mortes, en 2019 et en 2021, après avoir contracté la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MJC), maladie à prions plus connue sous le nom de « maladie de la vache folle », qui se caractérise par une dégénérescence rapide et fatale du système nerveux central. Rare, la MJC peut être d’origine sporadique (aléatoire), génétique ou infectieuse à la suite d’une contamination. L’assistante ingénieure s’était blessée au cours d’une expérimentation en 2010. Une publication scientifique basée sur son cas avait conclu, en 2020, à un lien de causalité.

L’annonce du deuxième cas de MCJ, à l’été 2021, avait ensuite conduit l’Inrae et les autres établissements de recherche (Inserm, Anses, CNRS et CEA) à suspendre par précaution les manipulations sur les prions infectieux, « le temps de faire la lumière sur les circonstances » des contaminations. Ces travaux reprendront « au cas par cas » dans les différents laboratoires, comme l’a préconisé la mission d’inspection conjointe diligentée par les ministères de la recherche et de l’agriculture, a-t-on précisé à l’Inrae.

Dans son message, le PDG explique vouloir « assumer, en tant qu’employeur, le caractère probable de l’origine professionnelle de ces contaminations ». « C’est une avancée majeure car l’Inrae prétendait l’inverse depuis deux ans et demi », a réagi auprès de l’AFP l’avocat des proches de la retraitée décédée, Me Julien Bensimhon. Selon lui, cette décision va permettre une indemnisation devant la justice administrative.