Désherbage électrique 2/2

Le Xpower Gen 2 arrive chez CNH


TNC le 21/06/2019 à 06:01
Le design du Xpower Gen 2 n’est toujours pas divulgué (©Pierre Havard)

Le design du Xpower Gen 2 n’est toujours pas divulgué (©Pierre Havard)

La capacité à désherber sans herbicide, sans redouter l’apparition de résistance, sans bouger le sol et donc en évitant les relevées d’adventices, génère de très grandes espérances tant pour l’agriculture bio que celle de conservation. La disparition programmée du glyphosate ne fait qu’accentuer ce besoin de technologies nouvelles. L’une des solutions envisagées est le désherbage électrique. Dans cette seconde partie, nous aborderons les problématiques de sécurité et de mise en marché par CNH. Un premier article abordait la semaine dernière le principe de fonctionnement de la machine.

Le Xpower de deuxième génération a été présenté le 4 juin au public et à la presse à l’occasion du Zasso Field day à Aix-la-Chapelle (Allemagne).  Les performances, la disposition et la sécurité (pour l’obtention du marquage CE) ont été reconsidérées. La génératrice a été doublée (120 kVA) permettant d’imaginer une augmentation de la largeur de travail à terme, selon les travaux effectués.  Contrairement à la disposition antérieure sur laquelle l’électronique était groupée à l’arrière avec la génératrice, les 24 onduleurs haute-tension de 3Kva chacun sont positionnés à l’avant, au-dessus des applicateurs. Cette nouvelle disposition et une construction recourant largement à l’aluminium permet de réduire la masse globale,  d’améliorer l’équilibre tout en accroissant la rigidité.

Marquage CE : Haute tension et sécurité

Du point de vue de la sécurité, les évolutions sont nombreuses pour répondre au marquage CE. Tout d’abord, il faut disposer de la clé RFID dédiée pour être autorisé à accéder au terminal de contrôle.  Au travail, tant que la vitesse est inférieure à un km/h, les applicateurs ne sont pas sous tension. Les matériaux choisis sont destinés à améliorer l’isolement électrique et un indicateur d’isolement est présent sur l’IHM. Des jupes souples sont disposées en avant et en arrière des applicateurs et des protections latérales extensibles sont prévues.  Le dispositif est également équipé de lampes flashes à forte luminosité avertissant les personnes périphériques de la mise sous tension et de la dangerosité.

Une trentaine de machines est prévue en production d’ici à la fin de l’année 2019 et de nouvelles configurations sont à l’étude : des applicateurs spécifiques pour la culture en lignes, à la manière d’une bineuse, des équipements pour les cultures légumières… Sur ce point, beaucoup de situations de cultures sont déjà validées au Brésil.

Ludovic Munoz, chef produit de la marque agriculture de précision AgXtend chez CNH nous confie : « Seul CNH industrial EMEA (Europe, Afrique et Moyen-Orient) a passé cet accord avec Zasso et ce, exclusivement pour les usages agricoles. Sur le reste du monde et pour les autres applications destinées aux municipalités, routes, ferroviaires, Zasso reste le maître du jeu. Zasso garde la main sur le marché agricole américain du fait notamment de l’implantation historique de la société au Brésil. »

Les travaux liés à la certification CE amélioreront la sécurité (©Pierre Havard)

CNH se positionne vis-à-vis du conseil agro

Pour CNH, la question d’un modèle économique inédit est clairement posée. Il faut donner la possibilité aux concessionnaires de distribuer ces produits sous forme de vente, avec ou sans financement via CNH Capital mais aussi en location car le prix de l’Xpower sera élevé. Mais cela ne suffit pas. « Le modèle économique implique d’élargir notre support. Nous prévoyons d’adosser systématiquement à la pratique du désherbage électrique un conseil agronomique et une assurance cultures. Cela sera intégré à la transaction : on ne peut pratiquer le défanage de pommes de terre avec les mêmes paramètres que la destruction de Rumex ou de chardons jusqu’à la racine.  Aujourd’hui, nombre d’agriculteurs consultent le conseil agro pour l’application de produits phytosanitaires. Nous voulons que les agriculteurs réussissent leurs cultures et cela passe par la juste tension électrique, le bon positionnement des applicateurs, la bonne vitesse. C’est une des conditions de réussite de cette nouvelle technologie alternative. »

Ludovic Munoz précise : « Le conseil agronomique n’est pas notre métier et nous souhaitons anticiper sur la future ordonnance relative à la séparation des activités de vente et le conseil. Aussi, nous nous rapprochons d’acteurs du conseil agronomique afin que ce conseil puisse être assuré par des conseillers professionnels de l’agronomie et indépendants de la vente. Cette démarche concerne tous les équipements de la gamme AgXtend ayant un lien étroit avec l’agronomie ». La déclinaison de ces offres est en cours de finalisation et sera communiquée prochainement. Une longue tournée de démonstrations a démarré en France pour toute la saison 2019.