36e édition du Space

Le salon face au défi de la souveraineté alimentaire


AFP le 12/09/2022 à 12:25

Conséquence de la guerre en Ukraine et défi majeur pour les éleveurs, la souveraineté alimentaire et l'explosion du coût de l'alimentation animale et de l'énergie seront au cœur de la 36e édition du salon de l'élevage de Rennes (Space), du 13 au 15 septembre.

Avec pratiquement 1 200 exposants, dont 221 nouveaux et 270 internationaux, le Space veut cette année encore répondre aux grands défis du monde de l’élevage, a indiqué Anne-Marie Quéméner, commissaire générale de cette manifestation.

Après deux éditions contrariées par la pandémie de Covid-19, ce salon qui réunit professionnels de l’élevage, professionnels aspirants et chercheurs en agronomie, se tiendra comme en 2021 dans un format resserré sur trois jours. Une centaine de conférences sont au programme.

« Le monde de l’élevage doit faire face à bon nombre de défis et quand on les voit, cela pourrait presque être désespérant. Le plus important peut-être à court terme, c’est la hausse des coûts des aliments, en particulier les aliments importés, les céréales, les protéines », a estimé le président du Space, Marcel Denieul.

« Mais cela peut aussi être un élément positif car cela peut nous obliger à être encore plus attentifs à la bonne efficacité alimentaire. C’est-à-dire : éviter tout gaspillage », ajoute le président du Space.

Mercredi, des débats seront proposés pour accompagner les éleveurs vers l’autonomie en protéines, ou en pâturage, tandis qu’une conférence s’intéressera à « l’autonomie alimentaire » dans le contexte de la guerre en Ukraine.

Bien-être animal

Le bien-être animal, thème de l’édition 2021, occupera aussi une large place, alors que de nouvelles campagnes de l’ONG animaliste L214 ont jeté cette année une lumière crue sur des maltraitances dans des élevages de poulets et de lapins.

« Le bien-être animal, c’est de dire attention, on veut que les animaux soient bien traités. C’est une question normale et on essaie d’y répondre. Ce qui est plus compliqué, c’est entre une vision professionnelle et extérieure, qui seraient celles d’un animal domestique et d’un animal d’élevage, comment arriver à les rapprocher ? », s’interroge M. Denieul. Deux débats seront consacrés aux perspectives européennes en termes de bien-être animal.

Alors que 40 % des éleveurs partiront à la retraite dans moins de dix ans, le Space s’intéressera au renouvellement des générations, avec un espace jeunes pour accueillir lycéens et étudiants des lycées agricoles.

Adaptation des modes de conduite, des équipements et éviter des approches hyper-techno qui peuvent faire peur : « On est impatients d’entendre les jeunes pour qu’ils nous transmettent leur vision de leur métier et leurs projets », souligne André Sergent, président de la chambre d’agriculture de Bretagne.

Parmi les autres thèmes, la place de la génétique dans l’élevage face au réchauffement climatique et l’énergie. Des débats s’intéresseront aussi à la décarbonation dans la filière porcine, à l’expérience d’une ferme laitière bas carbone ou encore à l’agrivoltaïsme qui allie agriculture et énergie solaire.

Seront aussi proposés un débat sur la filière laitière bio ainsi qu’un parcours consacré à l’aquaculture, une filière en développement.

Le ministre de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire Marc Fesneau a annoncé sa venue mardi au salon.

Des délégations de pays de l’Afrique de l’Ouest (Sénégal, Côte d’Ivoire et Bénin), de République démocratique du Congo, Guinée Conakry, Guinée équatoriale, Cameroun, et Inde sont également attendues.

Durant les trois jours, le Space sera rythmé par les traditionnels concours de races bovines. Ils mettront à l’honneur la blonde d’Aquitaine, 3e race à viande française, les races laitières Prim’Holstein et jersiaise, 2e race laitière au monde à laquelle sera dédié un forum européen. Comme l’année dernière, le salon organisera une vente aux enchères d’agneaux de boucherie issus d’élevages sélectionnés, le mercredi.

Enfin, après sélection par un jury, Innov’Space donnera un coup de projecteur à une trentaine d’innovations axées sur l’environnement, la sécurité alimentaire, la santé des animaux, ainsi que l’intelligence artificielle.