Corse

Enquête après le saccage d’un bureau par un syndicaliste agricole


AFP le 22/10/2019 à 10:35

La justice a ouvert une enquête après d'importantes dégradations commises lundi lors de l'irruption du dirigeant de la FDSEA et président de la chambre d'agriculture de Haute-Corse dans le bureau d'un fonctionnaire, a-t-on appris auprès du parquet.

L’enquête, ouverte par le parquet de Bastia pour « dégradation de biens publics », doit permettre d’entendre Joseph Colombani, que le préfet de Haute-Corse a accusé dans un communiqué d’avoir « fait irruption » accompagné d’un autre syndicaliste de la FDSEA dans le bureau du directeur départemental des territoires et de la mer (DDTM), avant de s’emparer « d’un extincteur pour commettre des dégradations sur le mobilier ». « Deux tables de bureau, deux fauteuils, un téléphone et un ordinateur ont été détruits », a rapporté le préfet François Ravier qui a porté plainte, tout comme le fonctionnaire dont le bureau a été visé.

Selon les premiers éléments de l’enquête, les syndicalistes agricoles entendaient protester contre des difficultés de versement des aides de la Politique agricole commune (Pac) sur l’île.

La semaine dernière, la préfecture avait reconnu des « difficultés techniques » et promis un renfort de moyens.

Corsica Libera, mouvement nationaliste dont M. Colombani est l’un des responsables, a déclaré dans un communiqué lui apporter son « soutien », et condamner « la situation de fait imposée par l’Etat et ses services en Corse, particulièrement dans le domaine agricole ». « Sous couvert de contrôles surdimensionnés et disproportionnés de dotations européennes, c’est toute une profession qui est mise à l’index et réduite à la cessation d’activités », ajoute le mouvement, qui demande « l’arrêt des contrôleurs mercenaires venus de France ».

M. Colombani a été condamné en mars dans une autre affaire, à 1 000 euros d’amende pour outrage à la proviseure d’un lycée et de son adjoint qu’il avait insultés. L’affaire avait fait suite au refus répété d’un élève de répondre « présent » en langue française plutôt qu’en langue corse.

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